Monday, November 30, 2015

COMMENT PENSER L'INDUSTRIALISATION DEMAIN ?

Historiquement, c'est l'industrie qui a permis à des populations entières de sortir de la pauvreté.

Ce fut d'abord le cas en Europe puis aux Etats-UnisCe fut ensuite le cas en Asie, avec le Japon, la Corée du sud et bien sur la Chine, et dans une moindre mesure, dans certains pays du sud-est asiatique comme la Thaïlande, l'Indonésie ou le Vietnam ...

L'étape suivante de cette histoire aurait du être l'Inde et l'AfriqueMais ça ne sera pas forcément le cas.

Car si ces pays ont vocation à accueillir des industries, celles-ci ne vont, en effet, pas forcément créer beaucoup d'emplois.

Quand Foxconn s'est installé en Chine, l'entreprise a du employer des dizaines de milliers de travailleurs chinois pour faire tourner ses usines

Quand Foxconn annonce qu'il va s'installer en Inde, on peut penser que l'entreprise va surtout mettre des robots dans ses usines ... et très peu d'ouvriers indiens.

Et si création d'emplois il y a, ca sera totalement marginal face aux défis que doit relever l'Inde pour occuper les dizaines de millions de jeunes qui vont arriver sur le marché du travail dans la décennie à venir.

C'est ce qu'explique très bien James Crabtree, correspondant du FT à Mumbaï, dans un récent article titré : "Spectre of automation hangs over India" .
"The spectre of automation hangs uneasily over the world economy. Industrial nations fear armies of robots will wipe out blue-collar jobs, while clever algorithms pick apart once-impregnable skilled professions. Across east Asia, there are related anxieties about factories emptied of people and filled with whirring machines. In India, though, the concern is more that companies may chose never to hire human workers in the first place(...)  
(...)"Foxconn founder Terry Gao is a fan of replacing humans with robots - he said this year that one-third of his workers would be replaced by automation. His company has also been vague on the precise nature of its Indian plans."(...)
A cela s'ajoute, pour les pays émergent nouvellement industrialisés, un phénomène de désindustrialisation précoce qui menace la base même de leur développement - voir "les pays émergent face à la désindustrialisation".

A peine industrialisés, ces pays voient, en effet, une partie de leurs usines nouvellement implantées déjà repartir vers d'autres cieux où le salaires sont moins élevés ou - et c'est cela la nouveauté - vers des pays misant sur la robotisation à l'extrême. 

De façon plus globale, les nouvelles formes d'industries pensées autour des robots sont en train de casser les schémas de développement industriel développés depuis la fin du XIX° siècle.

La robotisation risque donc, non seulement de détruire des millions d'emplois dans les pays développés, mais aussi de tuer l'industrialisation dans les pays en voie de développement.

Dans ces conditions peut-on croire comme le fait comme Pierre Noël Giraud dans "l'Homme inutile", que le développement et la croissance de l'Afrique passera par la création de l'équivalent de zones Shenzen capables d'accueillir des usines ?

Peut-on encore croire que l'industrie tel qu'elle se dessine avec des robots, va permettre à des millions de gens de sortir de la pauvreté ?

N'est-ce pas là une analyse un peu dépassée au vue de l'évolution des systèmes productifs actuels ? Ou, pour reprendre une phrase de Giraud lui-même, ce genre d'analyses ne relève-t-elles pas de ces «économistes qui se laissent souvent orienter, dans leurs recherches, par les modèles et les bases de données construits pour résoudre des « problèmes » de l’époque antérieure». On ne saurait mieux dire ...

Question : dans ces conditions, ce sont quoi les formes d'industrie de demain qui vont donner de l'emplois non seulement en Occident, mais aussi dans des zones aussi peuplées et pauvres que l'Inde ou l'Afrique ?

Autre question : où faut-il regarder pour penser le système productif de demain si on refuse qu'il soit dominé par le deuxième âge des machines ?

Autre question encore : faut-il encore penser l'industrialisation de demain autour de méga-usines ultra robotisées ou plutôt autour de réseaux de micro-factories capables de redonner de l'emploi partout sur tout les territoires ?


On essaiera de répondre à ces questions, et à quelques autres, 
ce jeudi 3 décembre lors de l'Atelier "Où s'invente le travail de demain ?"

Ce post est à mettre en perspective avec les récents :
- Comment penser le futur du travail ?
- Travailler demain : 2 craintes / 2 espoirs
- Un avenir entre fab-labs et algorithmes ?
- L'industrie 4.0 va-t-elle tuer le mouvement makers ?


Friday, November 27, 2015

VERS DES AVIONS LEGO ?

Pour prolonger, le précédent post sur les nouveaux objets volants modulaires ...

Au départ, il y a l'histoire, celle du  Fairchild XC_120 Packplane.

Ensuite, il y a la fiction avec le Thunderbid 2 de la série éponyme des Thunderbirds.

Enfin, il y a la prospective, notamment celle conduite par Airbus autour de l'idée de construire des avions avec des cabines modulaires permettant l'embarquement des passagers dans de nouveaux terminaux d'aéroports - les explications techniques.

C'est autre façon de penser le parcours aérien, et c'est pas forcément une mauvaise chose - voir "c'est quoi prendre l'avion aujourd'hui ?" et "c'est quoi s'asseoir dans un avion demain ?"

Thursday, November 26, 2015

AVANT, UNE FUSÉE C'ÉTAIT ...

Avant, une fusée c'était des états qui les lançaient, pas des milliardaires enrichis dans la vente de livres ... - voir le film et toutes les infos, .

Avant, une fusée c'était un truc compliqué qui partait de Cap Kennedy ou de Baïkonour ...

Avant, une fusée, c'était un truc mystérieux, très compliqué et ca ne ressemblait pas à un jouet... Il n'y avait que la fusée de Tintin qui ressemblait à un jouet, ou celles des Thunderbirds ...

Avant, une fusée ça revenait pas sur terre en se posant sur ses pieds ... La encore, il n'y avait que celle de Tintin qui faisait cela ... mais on savait que c'était pas vrai et surtout pas possible en vrai ...

Avant, une fusée ca ressemblait pas à un stick de déodorant ...

Avant, fallait être astronaute pour monter dans une fusée ... et donc passer des tests très difficiles comme dans "l'Etoffe des Héros"...

Avant, une fusée c'était une capsule toute petite et très mystérieuse ...

Avant, une capsule c'était un truc plein de boutons avec des tout petits hublots ...

Avant, une capsule c'était un truc où on restait couché pour travailler - ... 

Avant, on savait qu'on se mettrait jamais débout dans une capsule ... surtout pour faire du tourisme ...

Avant, une capsule ça ressemblait pas une voiture ... et surtout pas à une voiture automatique -  ou ... faut dire aussi qu'avant il avait pas de voiture autonome ...

Avant, une fusée c'était fait pour tourner autour de la Terre ou pour aller sur la Lune ... pas pour aller sur Mars ... - voir "Le Corbu on the Moon".

Avant, on savait que pour se poser sur une planète fallait un engin en plus ... mais que jamais une capsule pourrait le faire ... surtout sur Mars et .

Avant, on savait qu'une capsule ne pourrait jamais devenir de l'habitat modulable ... 

Avant, une capsule ça revenait sur Terre, mais ça devenait certainement pas une maison ... surtout sur une autre planète ...  

Et puis surtout avant, on se rassurait car on savait que les rêves spatiaux des milliardaires ne se réaliseraient jamais ...  

Bref, avant on savait plein de choses sur les fusées ... et sur le reste ...

C'était avant ...

Wednesday, November 25, 2015

L'INDUSTRIE 4.0 VA-T-ELLE TUER LE MOUVEMENT MAKERS ?

Le concept Industrie 4.0 veut exprimer l’idée que le monde se trouve aux prémices d’une quatrième révolution industrielle, mais vue côté grosse industrie centralisée.

- La première révolution est liée au développement de la machine à vapeur et de la mécanisation à partir du XVIIIe siècle, 

- La deuxième révolution est liée à l’électricité à la fin du XIXe siècle, 

- La troisième révolution est liée à l’automatisation au XXe siècle, 

- La quatrième révolution serait fondée sur des usines intelligentes, caractérisées par une inter-connection des machines et des systèmes au sein des sites de production mais aussi entre eux et l’extérieur.

Avec le concept Industrie 4.0, il serait donc possible de proposer une production à la fois à grande échelle et personnalisée.

Parmi les question que cela pose, en voici une : l’industrie 4.0 ne va-t-elle pas tuer le mouvement makers et toute la révolution post-fordist que celui-ci promettait ? - voir , entre autres.

On abordera la question lors de l'Atelier organisé jeudi 3 décembre sur le thème "Où s'invente le travail de demain ?"

Ça renvoie aussi à "Un avenir entre fab lab et algorithmes ?"


Tuesday, November 24, 2015

QUAND INNOVER PERMET DE VOLER

, le factuel.

Et de façon plus large,  et  sur la mutation des bateaux.

On peut voir ce post comme un post de plus sur la voile.

On peut aussi y voir une nouvelle démonstration que, quelque soit le marché, ce sont les petites structures artisanales qui sont toujours plus innovantes que les gros acteurs dominants. Ce qui renvoie au post précédent sur la façon de travailler et d'innover.

Monday, November 23, 2015

Friday, November 20, 2015

UNE AUTRE VISION DU TRAVAIL ET DE L'ENTREPRISE

"J'avais toujours évité de me définir comme un chef d'entreprise. Je me considérais comme un grimpeur, un kayakeur, un skieur ou un forgeron. (...) 
(... ) Je savais également que je n'allais jamais être heureux en jouant le jeu normalement, comme les autres. Si je devais être un chef d'entreprise alors il faudrait que ce soit selon mes propres règles. 
Le travail doit rester quelque chose d'agréable. Nous devions le faire dans la bonne humeur et avec de l'énergie. Nous avions besoin d'être entourés d'amis qui pourraient venir travailler, habillés comme bon leur semblait, pieds nus s'ils le voulaient !  
Nous avions besoin d'horaires à la carte pour aller surfer quand les vagues étaient bonnes, aller skier après une bonne chute de neige ou rester à la maison pour nous occuper d'un enfant malade ; nous devions faire tomber les barrières entre le monde du travail, des loisirs et de la famille. (...) 
(...) Notre entreprise avait outrepassé ses capacités et ses propres limites ; nous étions devenus dépendants, comme le reste de l'économie mondiale, d'une croissance que nous ne pouvions maîtriser. Comme petite entreprise, nous ne pouvions ignorer le problème et nous devions repenser nos priorités et instituer de nouvelles pratiques.  
Il fallait casser les règles. 
Je décidais donc de partir, dans les montagnes de Patagonie, balayées par les vents, avec une douzaine de mes principaux directeurs.  
Errant dans ces espaces désolés et sauvages, nous nous demandâmes ce qui nous avait poussés vers le monde de l'entreprise et ce que nous voulions que Patagonia devienne. (...)
           Yvon Chouinard, créateur de Patagonia dans "Let My People Go Surfing".

Un modèle, un vrai modèle. En tout cas, c'est le notre chez Transit-City - .

On en reparle le jeudi 3 décembre lors de l'Atelier consacré à la question "Où s'invente le travail de demain ?"

Thursday, November 19, 2015

UN AVENIR ENTRE FAB LAB ET ALGORITHMES ?

 Pour prolonger le précédent post.

Pour comprendre comment les algorithmes changent la façon de travailler et les rapports au sein de "l'entreprise" , il faut lire la très belle enquête "At Uber, the Algorithme is more controlling than real Boss". 

Wednesday, November 18, 2015

COMMENT PENSER LE FUTUR DU TRAVAIL ?

Évidement l'avenir du travail ne peut pas se penser de façon aussi simple et aussi binaire, mais cette approche à partir de ces quelques livres récents permettent au moins de fixer quelques uns des vrais enjeux de demain.  

On en reparle beaucoup plus longuement et beaucoup plus finement lors de l'Atelier Transit City organisé le jeudi 3 décembre autour de la question "Où s'invente le travail de demain ?"

Et lors de l'Atelier suivant le vendredi 5 février 2016 - .

Et en attendant voir "Next Factory".